19 novembre 2009
Le verdict est tombé... (attention, roman fleuve)
Je l'avais dit depuis plusieurs semaines : fatigue, baisse de moral, quelques petits pétages de plomb au boulot... Lors de mon dernier message, j'avais essayé de me persuader que ça allait mieux, que le moral remontait sauf que, une fois de plus, je me trompais.
Après des petits pétages de plomb, mardi après-midi, j'ai pété un gros plomb, aussi gros que moi. J'ai viré hystérique, j'ai fini en larmes et j'étais tellement énervée que j'en ai vomi 3 fois. Moi qui déteste vomir, j'ai une peur panique de vomir, j'ai été servie, tout ça, à cause de mes nerfs.
Donc mardi, j'ai pleuré non stop de 15h à 17h, je me suis un peu calmée, j'ai mangé, j'ai essayé de me relaxer dans un bain mais non, impossible... Je ruminais sans arrêt le boulot, mes élèves, leurs conneries, mon incapacité, incompétence, "nullitude" et j'ai repleuré non stop jusque 22h30.
Mon mari qui, d'habitude, quand il me voit pleurer, ricane bêtement (bah oui, j'ai parfois la larme un peu facile), m'a épaulée, il m'a prise dans ses bras, je me suis sentie soutenue et m'a dit, ce qu'il me répète depuis bien longtemps, que je devais aller chez mon médecin et ne pas aller travailler le lendemain (donc mercredi).
Chose que je n'ai pas faite évidemment (vous vous rappelez? je suis têtue et obstinée)... Mercredi, en me levant, rebelotte, des larmes coulent... J'ai voulu aller au boulot pour parler avec ma directrice, elle aussi, ça tombait bien, j'ai pu expliquer ce que j'avais, les difficultés avec cette classe de dingues (je le maintiendrai toujours, 17 caractériels/débiles légers/dyslexiques, c'est pas gérable dans une seule classe avec une seule personne, en l'occurrence moi).
Elle se demandait pourquoi je faisais "barrage" à l'aide proposée (autrement dit, une personne vient une heure dans ma classe) et bien, simplement parce que moi, ça me dérange qu'on vienne quand je donne cours.
La peur d'être jugée, comme bien des enseignants l'ont.
Les logopèdes (ou orthophonistes pour les Français ;)) étaient là aussi, je leur ai demandée de me dire ce qui était fait avec mes élèves parce qu'on n'est au courant de rien, on ne sait pas ce qu'elles font. J'ai pas besoin d'un discours de 2h, juste 2 minutes, me dire ce qui est fait...
Maintenant, je vais avoir de l'aide, une vraie aide. Une prof de remédiation va prendre 5 de mes élèves les plus faibles, 3 heures par semaine, pour revoir tous les sons pendant que je pourrai m'occuper des plus forts en lecture.
Evidemment, j'ai pleuré, de 9h à 10h45 parce que, je leur ai dit, que pour moi, la seule fautive c'était moi, malgré tout ce que je fais, je fais pas assez, que j'étais sûrement une mauvaise enseignante, bref, la remise en question...
On m'a assuré que je faisais du bon travail, je l'avais déjà prouvé mais j'y crois pas.
C'est une spirale infernale.
Quand j'ai enfin réussi à me calmer, ma collègue qui fait de la micro kiné m'a pris pour une séance. J'ai fait comme les enfants.
Prendre des objets pour illustrer mon sentiment du moment et en parler. J'ai choisi 2 choses :
- un clown : clown parce que c'est moi, essayer de faire le clown, de faire celle qui va bien, montrer la belle face des choses
- le masque blanc sans expression : ma façade et hier, le masque est tombé...
Ensuite, elle m'a demandé de prendre des objets pour que ça aille mieux. Je n'ai rien trouvé, à part une couverture. J'ai donc emballé le clown (qui me représentait) dans la couverture et j'ai laissé tombé le masque. Rien que de faire ça, j'ai encore et encore pleuré.
Je me suis vraiment rendue compte à quel point je suis détruite à l'intérieur de moi.
Hier soir, j'ai pris mon courage à deux mains et sur les conseils de mon mari (qui me tanne avec ça depuis 2 mois), de mes collègues, de ma directrice, de la secrétaire, je suis enfin allée voir mon médecin.
Je ne savais pas comment aborder le sujet, j'ai juste dit que physiquement, ça allait mais que dans ma tête, ça n'allait plus du tout et là, je me suis vraiment effondrée.
Je lui ai expliqué la situation au boulot, que je laissais trainer ça depuis 2 mois, que je prenais sur moi mais que là, je craquais. J'ai vraiment pensé que je devenais folle, que oui, la folie me gagnait.
Il m'a rassurée en disant que non, j'étais pas folle mais "juste" débordée, dépassée, déprimée et épuisée. On ne peut même imaginer le soulagement que j'ai eu quand il m'a affirmé que non, je n'étais pas folle!
Il voulait me prescrire des anti dépresseurs, ce que je n'ai pas voulu. Je ne veux pas finir comme mon père, comme un légume (bon, il est guéri maintenant hein). Je sais, vous allez me dire, y a des tas de gens qui prennent des anti-dépresseurs sans devenir une plante. Sauf que j'ai toujours en tête ces images de mon père qui ne parlait pas, ne mangeait plus, sur son lit d'hôpital, avec ses 15 cachets à prendre par jour.
J'ai donc un médicament à prendre à base de millepertuis "Zibrine", je dois retourner voir mon médecin dans 2 semaines, voir comment ça va et si ça va pas mieux, je crois bien que je n'aurai plus le choix et je devrai prendre des anti dépresseurs.
Lui qui est si "rat" d'habitude sur les jours d'arrêt, il m'a arrêtée jusqu'au 4 décembre mais que si ça n'allait pas mieux, il prolongerait.
Sur ce, évidemment, ma crise de larmes est repartie de plus belle : "Et qu'est-ce qu'on va faire de mes élèves? ils n'avanceront pas...." bref, re prise de tête. Je DOIS me changer les idées, déconnecter de l'école, me mettre dans la tête que le monde ne va pas s'arrêter de tourner parce que je suis absente pendant 2 semaines.
Il m'a conseillé d'aller voir un psy, je ne veux pas, pas pour le moment, je ne suis pas prête. Et je sais que si on me force, je vais me braquer, regarder le mur comme un chien de faïence, je me connais.
Voilà où j'en suis pour le moment... Je ne me suis pas pesée lundi, je me pèserai demain. Ça fera 7 mois de régime.
Et demain, ma fille aura 2 ans, déjà...
Commentaires
J'ai connu une fois une crise de mal être comme ça. J'étais sous anti dépresseurs, pas le choix car sinon je pleurais du matin au soir et du soir au matin (par exemple, je n'arrivais pas à ouvrir une bouteille d'eau car pas assez de force je pleurais, la fourchette tombait au sol parce je n'avais pas fait attention je pleurais, etc...)j'ai eu du mal à m'en passer par la suite. Tout ça pour dire que si tu peux éviter, évite, je pense. Par contre prends bien soin de toi, chouchoute toi, fais du shoppping, occupe toi de ta puce, etc. Et à défaut d'aller voir un psy pour le moment tu peux écrire ici tes sentiments, ce qui te rend si mal, parfois ça fait du bien de coucher "sur papier" ses émotions. Courage à toi !
En parler c'est déjà énorme,courage,retourne le voir si ça va pas,il semble savoir t'écouter.Laisse toi épauler et seconder.
J'espère des photos de Noémie demain!Elle a forcément dû beaucoup changer!
bises
Audrey
un pti' coucou, tout va bien? bisous!
